La fin d'une histoire

Publié le par MiDoRé

Lorsqu'une histoire s'achevait, j'avais toujours cru bon d'adresser une lettre d'adieu. C'est juste que le mot de la fin doit bien apparaitre quelque part... J'aimerais alors qu'une voix s'élève, qu'elle me crie : "Ô Lisboa [...],Tu és portuguesa,Tu és só pra nós". Que cette voix me transporte, me remontrant tous ces jours vécus dans la grâce de l'instant. Que cette voix me donne conscience à jamais de l'amour que j'éprouve pour ce pays et ces êtres qui me l'ont défini.

 

Assis devant mon écran, je pleure. Mais pas de tristesse. Je me revois, débarquant d'un avion dont j'avais estimé les dimensions en termes homériques. Je me revois bégayant un portugais de pacotille pour demander mon premier café au coin de la rue, ma première pâtisserie, ma première bière... Il m'aura fallu quelques semaines pour enfin voler de mes propres mots. Découvrir un pays, c'est avant tout apprendre sa langue. Découvrir un peuple, c'est parler avec lui.

En moi coule le temps passé à marcher dans l'Alfama, le Chiado, la Baixa, cherchant je ne sais quels esprits cachés, quels fantômes de mon esprit. Coule le temps où, allongé dans l'herbe du parc Gulbenkian, je comtemplais le vent balayer la cime des arbres, les reflets du soleil sur ces milliers de feuilles qui bruissaient et berçaient mon âme dans des directions infinies. Des nuits folles dans les bars du Bairro, aux salles de cours studieuses de ma faculté. Mes jambes ressentent encore les dizaines de kilomètres parcourus dans ces rues pavées, pentues, étroites, en marchant, mais aussi en courant, le soir ou bien tard dans la nuit. Sigur rós, Múm, Four Tet, Nujabes, Air, Mogwai et The xx, m'auront aidé à les avaler.

 

Je revois ces visages, ces regards, ces êtres d'une beauté universelle, celle qui nous transforme, celle qui fait germer en nous l'amour de l'autre. Je revois Erika, assise devant son ordinateur passant des nuits à traduire des textes, Thiago dansant tel un dieu, Carolina et Guillaume s'embrassant dans un coin, à l'abris des regards, le soir où tout a commencé pour eux. J'entends encore Vanessa reprendre mes phrases maladroites ; cette grande femme en devenir, à la sensibilité encore plus grande. Je revois Crunch cuisinant des délices de curry, Inês et sa discrétion parfois oubliée, Daniel et son british accent, Laura et Georgina les deux filles lointaines d'Attila József, Guilherme et ses faux-aires de dandy, Catarina et son naturel optimisme que je n'ai pas eu le temps d'apprécier, Mara et ses boucles d'oreilles à l'écoute d'une musique lointaine. Je repense à la colloc' da Rua do Barão, Nathan, Claudia, Serdar, Michael que j'aurai l'occasion de connaître sous d'autres cieux, et surtout ma chère Fräulein Natascha, une sœur du destin.

 

Tous, vous m'avez donné ce que des milliers de merci dans toutes les langues du monde ne suffiraient pas à rendre en substance.

 

Et comment ne pourrai-je pas rappeler au monde ceux que je portais déjà dans mon cœur ?

Et, avant tout, l'être sans qui rien de tout cela serait arrivé et sans qui je n'aurai pas eu le courage de me lancer dans l'aventure.

Avec elle, je vais enfin pouvoir écrire un nouveau chapitre. Tous ces jours, où elle me portait en elle m'ont encore prouvé plus que je ne pouvais espérer. 

 

136 jours, 3264 heures, 195 840 minutes, quelques 11 millions de secondes. Un espace-temps qui m'aura donné l'occasion de voir en moi, ce que j'ai pu trouver dans le regard des autres.

 

Je n'en ai pas tout à fait fini avec toi, cher blog... Il y a quelques points qui seront revus, des photos que je me ferai un plaisir d'afficher, des pages à publier.

Il faut bien que je te previenne...

 

Doucement alors, je referme cette parenthèse.

Publié dans Vie courante

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1
<br /> Bonjour,<br /> J'ai découvert ton blog il y a quelques temps et j'aime y lire ce que tu écris, y voir des photos de ma ville natale qui me manque tant.<br /> J'espère que tu reprendra vite le chemin d'ici.<br /> A bientôt,<br /> Andreia<br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Merci, merci beaucoup! Je ne m'occupes plus trop de ce blog malheureusement. J'ai posté un dernier article il y a peu pour donner des nouvelles aux intéressés. Cette ville me manque, le Portugal<br /> aussi. Tout semblait plus facile, en tout cas plus suave.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A bientôt.<br /> <br /> <br /> Michael<br /> <br /> <br /> <br />
P
<br /> Bonjour,<br /> <br /> bienvenue dans la communauté images du monde.<br /> <br /> Amicalement.<br /> Patrick.<br /> <br /> http://images-du-monde.over-blog.com/<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Merci à toi mon mika de nous avoir fait vivre ton aventure! J'espère de tout coeur te revoir très vite à bordeaux, limoges ou ailleurs! Gros bisous<br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Ou Paris...<br /> <br /> <br /> <br />